idée reçue #13

C'est inutile de développer les transports en commun au centre !

L’avenir du réseau de transport en commun de la Métropole semble aujourd’hui « tourner » autour d’un fantasme de circulaire. C’est un discours qui révèle des réflexes d’automobilistes plutôt que d’usagers des transports en commun. Rares sont ceux qui ont leur origine et leur destination à proximité d’une circulaire, a fortiori lorsque la circulaire est éloignée et donc dans un tissu périurbain. L’a-urba a ainsi démontré que seulement 1% des automobilistes empruntaient les boulevards du Nord au Sud. La plupart des déplacements forment une trajectoire en baïonnette orientée vers le cœur de la Métropole. Pour les automobilistes, une ceinture se révèle attractive puisqu’elle leur permet de contourner des points noirs sans quitter leur véhicule. En revanche, il est impossible pour la collectivité publique de multiplier les lignes de transport en commun en baïonnette qui ne répondent finalement chacune qu’aux besoins de quelques usagers. Aussi, pour un usager, un déplacement en baïonnette par une circulaire imposera deux correspondances, ce qui est rédhibitoire.

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La puissance publique ne contournera pas les problèmes de congestion du réseau au centre en créant des circulaires, mais en dimensionnant mieux les lignes radiales. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne faut pas de circulaires, mais simplement qu’il ne faut pas en attendre la solution qu’elles représentent pour des automobilistes.

 

Par ailleurs, le centre est le cœur dense de l'agglomération. La densité favorise les modes collectifs de déplacements ainsi que les modes actifs. C'est aussi au centre que se trouvent des équipements collectifs majeurs pour plusieurs raisons. D'abord, parce que le centre… est au centre ! C'est donc plus facile de rejoindre le centre depuis Mérignac, Parempuyre, Villenave, Libourne que de rejoindre Libourne depuis et Mérignac, et Parempuyre et Villenave et Bordeaux. Ensuite, la présence de différents équipements permet de mutualiser les infrastructures : on ne fait pas une ligne de transport en commun juste pour rejoindre un hôpital, mais aussi un centre universitaire, un lieu de loisir. C'est ce qui sature le tramway et les radiales bus. Il faut donc renforcer et consolider les radiales, qui permettent également les déplacements entre périphéries opposées.